LES HUILES VÉGÉTALES
Vous le savez, une huile est un corps gras sous forme liquide qui peut être d'origine végétale, animale ou synthétique. C'est une évidence ? Oui mais, vous le verrez, pas forcément pour les fabricants de cosmétiques !
Composition des huiles végétales
Les huiles végétales sont essentiellement composées d'acides gras, principalement de l'acide oléique, de l'acide palmitique, de l'acide linoléique et l'acide stéarique. On trouve aussi quelques vitamines du groupe B et la précieuse vitamine E.
Extraction des huiles végétales
Beaucoup de plantes contiennent de l'huile, notamment dans leurs graines ou leur noyau. Depuis la nuit des temps, l'homme a extrait l'huile contenue dans les plantes pour un usage alimentaire, cosmétique, médical ou comme lubrifiant pour les outils et... les armes.
Extraction par pression à froid
C'est méthode ancestrale encore utilisée de nos jours. En voici les étapes :
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La matière première (graines, fruits, germes, pépins, etc) est triée, dépoussiérée, parfois décortiquée.
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Elle est ensuite concassée, voire écrasée au pilon, afin d'être transformée en pâte.
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Cette pâte est pressée pour en faire sortir l'huile.
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Ce pressage peut se faire par une meule en granit, par un presse mécanique à vis sans fin ou par centrifugation.
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L'huile est ensuite filtrée pour en éliminer les impuretés.
Extraction par la chaleur
Si l'on chauffe la pâte avec de l'eau, l'huile se liquéfie et est beaucoup plus facile à extraire. Cette méthode est intéressante sur le plan économique puisqu'elle permet d'extraire pratiquement la totalité de l'huile d'une matière première très rapidement. Malheureusement, la chaleur détruit les vitamines et dénature, par réaction chimique, les précieux acides gras, les transformant en substances nocives pour santé. Le législateur européen a fixé à 27° la chaleur maximale autorisée pour qu'une huile puisse porter la dénomination de pressée à froid.
Vous trouverez également la mention de première pression à froid. Celle-ci devrait disparaître. En effet, autrefois, les huileries procédaient en deux temps. La première pression se faisait à froid, produisant une huile haut-de-gamme réservée aux nantis qui pouvaient se l'offrir. La pâte résiduelle était ensuite additionnée d'eau bouillante pour subir une deuxième pression. Cette huile de qualité médiocre était vendue meilleur marché. Les presses et les centrifugeuses actuelles sont si performantes que, dans la plupart des cas, il n'existe qu'une seule pression.
La plupart des huiles destinées à la consommation alimentaire, médicale ou cosmétique sont produites par pression à froid. Par contre, pour les huiles destinées à la cuisson ou à la friture, il n'y a aucune raison de ne pas les produire à chaud puisque vous allez, de toute façon, les dénaturer les chauffant !
Extraction chimique
Les huiles destinées à l'industrie sont le plus souvent produites par extraction chimique car c'est la méthode la plus économique. Pour cela, on utilise un solvant, le plus souvent l'hexane. L'hexane est un produit utilisé en chimie organique. Sa manipulation demande des règles de sécurité très strictes car ses émanations sont toxiques. Cette toxicité se manifeste par la formation d'un métabolite qui s'accumule dans le système nerveux central des animaux, dont l'homme !
Soyez prudent dans vos achats. Il n'est pas interdit de vendre de l'huile végétale à usage cosmétique, extraite par procédé chimique. Méfiez-vous des produits trop bon marché et lisez attentivement les étiquettes...
Utilisation cosmétique des huiles alimentaires
Certains petits malins déconditionnent des huiles de consommation courante en vous les présentant comme des produits de beauté.
Toutes les huiles végétales comestibles pressées à froid sont effectivement d'excellents produits pouvant se transformer en cosmétiques. Rien ne vous empêche de vous procurer de bonnes huiles de cuisine dans votre épicerie bio et de les étaler sur votre peau.
Là encore, lisez bien les étiquettes. D'abord ne prenez que des huiles pressées à froid. Ensuite, préférez les huiles contenant beaucoup de vitamine E. Plus une huile en contient, mieux elle se conserve puisque cette vitamine est un antioxydant naturel. Et en bon antioxydant, elle protège votre épiderme du temps qui passe ! Vous savez, la fameuse lutte contre les radicaux libres ! Attention, cette vitamine E doit être présente à l'état naturel dans le produit et non ajoutée comme conservateur comme c'est trop souvent le cas. En effet, la vitamine E est liposoluble. Contrairement aux vitamines hydrosolules (C, B1, B2, B3 ou PP, B5, B6, B8 ou H, B9 et B12), dont vous éliminez les excédents dans vos urines, ces vitamines (A, D, E et K) s'accumulent dans nos organes, notamment dans le foie, pour constituer des réserves. L'utilisation immodérée que fait l'industrie agro-alimentaire de la vitamine E comme antioxydant naturel n'est donc pas sans conséquence sur notre santé...
Les macérats huileux
Vous allez trouver au rayon cosmétiques toute une série d'huiles absentes des linéaires d'huiles alimentaires. Et pour cause, ce ne sont pas, à proprement parler, des huiles !
Certaines plantes ne contiennent pratiquement pas d'huile. Par contre, il est possible de capturer leurs principes actifs par macération dans un liquide
• de l'eau, c'est une décoction ou, si le temps de macération est court, une infusion
• de l'alcool
• ou de l'huile.
Un macérat huileux est une huile – généralement du tournesol car elle est riche en vitamine E – dans laquelle ont macéré des plantes. Toutes les huiles de pétales de fleurs que vous trouverez sur le marché sont des macérats huileux, de même que la fameuse huile de carottes !
Aussi leur qualité dépend largement de celle de l'huile dans laquelle les plantes ont macéré et de la technique de macération utilisée. C'est aussi pour cela que les prix vont facilement du simple au double. La technique ancestrale consiste à mélanger des plantes coupées et l'huile dans un récipient qu'on laisse, fermé hermétiquement, exposé au soleil durant deux semaines en remuant le tout régulièrement. On peut accélérer le processus en chauffant le mélange, mais il est évident qu'on détruit alors une bonne partie des principes actifs des plantes et qu'on dénature les composants de l'huile qui sert de support à la préparation.
Origine des huiles végétales cosmétiques
Autant que vous le sachiez, la plupart des huiles et macérats huileux que vous trouverez sur le marché en Europe, y compris en Suisse, sortent tous du même tonneau. Il en va de même pour les hydrolats et les huiles essentielles. Un grand nombre de fabricants de cosmétiques européens s'approvisionnent dans deux ou trois grands laboratoires spécialisés dans les matières premières à base de plantes. Au début de leur activité, ces sociétés ne proposaient pratiquement que des produits conventionnels. D'année en année, en fonction de la demande, elles élargissent toujours plus leur offre en plantes certifiées bio. Alors, quand on vous dit que telle ou telle plante n'existe pas en bio, il faut la plupart du temps comprendre que le grossiste avec lequel travaille la marque ne propose pas cette matière première en bio ! C'est ainsi que se côtoient sur les étals, avec des étiquettes presque semblables, des huiles de soins bio et d'autres issues de culture conventionnelle. De quoi jeter la confusion.
Quel est le rôle du "fabricant" ? Essentiellement du marketing ! Puisque les produits sur le marché sont pratiquement tous semblables, il ne reste que l'argumentaire publicitaire et l'emballage pour faire la différence ! Les huiles arrivent chez le "fabricant" de cosmétiques en fûts, voire en camions citerne. Là, elles sont "déconditionnées", c'est à dire transférées en petites bouteilles, avec une belle étiquette dessus. Certains entourent le flacon d'une jolie boîte en carton, c'est plus chic. Bonjour les emballages perdus ! Sauvons la planète… Alors il n'y a aucune transformation ? Parfois si. Pour donner une durée vie plus longue à leurs produits, certaines marques y ajoutent quelques conservateurs – naturels ou un peu moins – autorisés par le label auquel elles adhèrent – et de la vitamine E qui empêche les huiles de rancir.
La seule méthode naturelle pour conserver une huile est de la garder dans une bouteille opaque, à l'abri de la chaleur et de l'air, et de ne pas la polluer en y introduisant des bactéries, comme on en trouve sur vos doigts...
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Préservation de la lumière : les flacons opaques sont plus performants que les bouteilles, même teintées.
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Préservation de l'air : le système airless est parfait pour préserver le produit qui est conditionné sous pression et ne rencontre ainsi jamais l'air l'ambiant
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Préservation des polluants : le système à pompe vous permet de prélever juste la quantité nécessaire sans toucher le reste du produit.
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Préservation de la chaleur : la balle est dans votre camp - ou presque - conservez vos huiles au frais et surtout pas dans une salle bain surchauffée. N'achetez pas des produits qui ont séjourné dans une vitrine en plein soleil !
Là encore, plus l'emballage est sophistiqué et... protecteur, plus le produit est onéreux.
Fabriquer vos macérats huileux
Vous pouvez sans problème réaliser vos propres macérats huileux en utilisant les plantes qui poussent dans la nature ou dans votre jardin, à condition que vous les cultiviez sans engrais ni insecticides chimiques. La technique est simple :
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Choisissez une huile riche en vitamine E, aux propriétés cosmétiques reconnues (tournesol bio, onagre, jojoba, par exemple)
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Remplissez un pot de plantes finement coupées à rabord
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Recouvrez-les complètement d'huile
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Refermez le pot et laissez-le en plein soleil pendant 2 semaines en le secouant tous les jours
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Filtrez et versez votre huile dans un flacon opaque
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Conservez au frais.
Vous pouvez utiliser des plantes fraîches ou des plantes séchées. L'inconvénient des plantes fraîches réside dans le risque qu'elles moisissent. Celui est plantes séchées dans l'altération des principes actifs qu'elles contiennent. Voici quelques plantes que vous pouvez faire macérer.
Pétales de fleurs de lys
Le lys contient de l'acide borique. C'est la raison pour laquelle le macérat huileux de lys est réputé pour le soin des mains. Il éviterait l'apparition de taches brunes sur la peau et atténuerait les taches de rousseur.
Pétales de fleurs de souci
C'est le fameux calendula qui n'est autre que le souci des jardins ! Le calendula est adoucissant et reconstituant pour l'épiderme. Il est réputé pour favoriser la cicatrisation.
Pétales de fleurs de pâquerettes
Le macérat huileux de bellis (nom latin de la pâquerette) est réputé pour le soin du buste et du décolleté. Il serait raffermissant. La pâquerette est une petite fleur sauvage qui pousse dans les prés. Attention de ne pas la récolter dans des zones polluées…
Pétales de fleurs de rose
Ne confondez pas le rosier de nos jardins avec le rosier musqué dont on tire de l'huile par pression à froid des baies. Le macérat huileux de pétales de roses vous ravira par son parfum délicat.
Pétales de fleurs de millepertuis
Ce macérat huileux est utilisé chez nous depuis l'antiquité sous le nom d'huile de Saint Jean. Il a une action apaisante sur les peaux sensibles, les coups de soleil et les brûlures.
Carottes
Le macérat huileux de carottes (faites macérer les racines et non les feuilles) est un excellent soin après soleil en raison de sa teneur en provitamine A. On vous le conseillera parfois comme soin solaire, ce que nous vous déconseillons. En effet, il ne contient aucun filtre contre les UV et il est photo-sensibilisant.
Feuilles de lierre + thé vert
Vous pouvez réaliser vous-même votre huile de massage contre la cellulite ! Le lierre et le thé vert sont réputés pour leurs vertus drainantes. N'oubliez pas que, pour obtenir une efficacité réelle, vous devez masser les zones à traiter à l'aide de cette huile au moins 5 à 10 minutes, matin et soir.
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