LE BEURRE DE KARITÉ
Le karité, un arbre sacré
Le Karité (Vitellaria paradoxa ou Butyrospermum parkii) est un arbre poussant à l'état sauvage dans les savanes arborées de l'Afrique de l'ouest, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Nigeria, Sénégal, Cameroun, République du Congo, Soudan, Ouganda et Mali, notamment.
C'est un arbre considéré comme sacré que les autochtones ne conçoivent ni de couper, ni de détruire de quelque manière que ce soit. Pourtant, il est sur la liste des espèces menacées, principalement en raison des feux de brousse d'origine humaine.
Karité signifie arbre à beurre en Wolof. On l'appelle aussi si tulu (prononcer shi toulou) en Bambara d'où son nom anglais de shea tree. L'arbre est aussi connu sous son ancien nom : Butyrospermum parkii, Butyrospermum signifiant graines de beurre et l'épithète parkii honorant Mungo Park, qui découvrit l'arbre en explorant le Sénégal.
Le Karité peut atteindre une quinzaine de mètres de haut. Il faut attendre 15 à 20 ans pour qu'un arbre issu de semis donne ses premiers fruits. Le karité n'atteint l'âge adulte que vers 30 ans. Il pourra alors produire 20 kg de fruits, soit 5 kg d'amandes sèches pour obtenir moins de un kilo de beurre de karité. L'arbre donne le maximum de fructification entre l'âge de 50 et 100 ans, ce qui est un obstacle à sa culture. La plupart des fruits de karité récoltés en Afrique le sont sur des arbres poussant à l'état sauvage.
Le fruit du karité
Le fruit, appelé également karité, est ovoïde, de couleur vert sombre à brun, mesurant quatre à huit centimètres de long. Il se présente sous la forme de grappes. C'est une baie charnue renfermant une, voire deux, amandes dures, d'une teinte blanchâtre entourée(s) d'une coque mince et de pulpe. Chaque amande recèle une matière grasse pour environ la moitié de son poids. Les fruits de karité sont ramassés entre mi-juin et mi-septembre pour fabriquer le beurre de karité.
Le beurre de karité
Le beurre de karité fait partie intégrante de la culture noire africaine. Il est utilisé pour la cuisine, pour les soins de beauté et comme médicament.
Il renferme 60 à 70% d'acide oléique, 15 à 25% d'acide stéarique, 5 à 15% d'acide linolénique, 2 à 6% d'acide palmitique et moins de 1% d'acide linoléique. Il est riche en vitamines (A, D, E, F) et en latex.
Très longtemps il a constitué le seul produit de beauté des femmes de tout le continent africain. C'était le produit fétiche de la reine égyptienne Néfertiti.
Propriétés cosmétologiques
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Action protectrice contre le dessèchement de la peau
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Activité hydratante pour la peau et les cheveux, propriétés particulières de douceur et d'onctuosité
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Protection contre l'érythème solaire
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Prévention et traitement du vieillissement cutané, pouvoir antirides car iIl stimule le métabolisme des cellules
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D'après certaines observations cliniques, il semble que le beurre de karité favorise l'augmentation de la circulation capillaire locale, ce qui permettrait une réoxygénation tissulaire et améliorerait l'élimination des déchets métaboliques
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Action cicatrisante sur les plaies, traitement des dermites sèches desquamatives, des mains gercées avec crevasses, des ulcères, vergetures, eczémas par régénération des couches épidermiques superficielles.
Fabrication
Extraction traditionnelle

Les noix sont lavées et triées à la main puis séchées au soleil. Elles sont ensuite écrasées finement au pilon. C'est le concassage. Puis les amandes sont grillées dans une marmite. C'est la torréfaction. Elles sont ensuite réduites en poudre par pilonnage, ce qui donne une pâte épaisse et brunâtre. Cette pâte est affinée entre deux pierres de granit puis malaxée et brassée à la main avec un peu d'eau pour la blanchir. C'est le barattage. La pâte est de nouveau additionnée d'eau puis chauffée dans un chaudron. L'eau s'évapore tandis que les impuretés se déposent au fond. C'est la purification. On laisse décanter le mélange puis on le verse dans de petits pots. Il est prêt à l'emploi.
Ce procédé artisanal a l'inconvénient de surchauffer le beurre qui perd ainsi une partie de ses principes actifs, notamment les vitamines. Un grand nombre de beurres naturels, issus du commerce équitables, que vous trouverez sur les étals est produit avec ce procédé.
Extraction chimique
Pour des raisons de coûts, l'industrie utilise la plupart du temps des corps gras obtenus par extraction chimique. Le beurre de karité n'y fait pas exception. C'est qu'il est non seulement demandé par la cosmétique mais aussi par l'industrie alimentaire. En le retrouve notamment dans le chocolat. Pour réaliser cette extraction chimique, on utilise un solvant, le plus souvent l'hexane.
L'hexane est un solvant utilisé en chimie organique. Sa manipulation demande des règles de sécurité très strictes car ses émanation sont toxiques. Cette toxicité se manifeste par la formation d'un métabolite qui s'accumule dans le système nerveux central.
L'avantage de ce procédé est que le pourcentage de corps gras obtenu est maximum. Cette méthode est sans concurrence sur le plan du prix de revient. Quant à la santé du consommateur, c'est une autre histoire !
Extraction par pression mécanique
C'est la méthode qui permet de conserver toutes les qualités du beurre. Les corps gras ne sont pas dénaturés par la chaleur, les vitamines sont conservées. Seulement, cette méthode ne permet pas d'extraire la totalité du beurre présent dans la noix. Le rendement est très inférieur au procédé par chauffe ou par solvant. Son prix de revient est donc plus élevé.
Le raffinage
Après extraction, quelque soit la méthode, on obtient du beurre de karité brut, de couleur jaune à vert ou grisâtre et avec une odeur marquée. Il est parfaitement utilisable et riche en principes actifs s'il a été extrait par pression mécanique. Mais c'est un produit dont la couleur et l'odeur sont déplaisantes pour certains consommateurs occidentaux. Aussi on trouve sur le marché du beurre de karité raffiné.
Le raffinage consiste en trois étapes :
On retrouve dans ces procédés chimie et surchauffe. Ils ont l'inconvénient de détruire une partie des principes actifs du beurre de karité. On obtient un produit standardisé, bien blanc, propre en ordre, qui se conserve plus longtemps.
Beurre de karité et commerce équitable
L'industrie alimentaire et cosmétique est fortement demandeuse. Aussi, le beurre de karité fait l'objet d'un commerce intense entre l'Afrique et les pays du Nord. Le beurre de karité sent bon le naturel, la santé, le soin et… l'éthique ! Nous en demandons, on nous en donne. Karité est un mot magique qui fait vendre tout et n'importe quoi…
Seulement, ses fruits sont bien trop souvent récolté et trié par des enfants déscolarisés, issus de milieux paysans défavorisés. Une partie de cette matière première très demandée est importée par des sociétés tentaculaires pas trop regardantes sur les conditions de vie des agriculteurs africains. Pire, le prix d'achat imposé par les exportateurs conventionnels est tellement bas qu'il ne couvre même pas le coût de l'extraction ! Ce qui pourrait être une source de richesse importante pour les pays de l'Ouest africain ne profite que rarement à la population locale.
Le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) s'en est ému. Il apporte son soutien aux projets visant à l'amélioration de la condition des femmes, acteurs prépondérants de la filière karité à travers son programme de travail Ouest africain, le GRESDA (Gender Responsive Renewable Energy Systems Development and Application).
Le Burkina Faso, par exemple, présente avec le Mali le plus fort potentiel de production de noix de karité d'Afrique grâce à un très important peuplement d'arbres. Dans ce pays, le gouvernement s'est investi de manière importante dans le développement de cette filière, notamment depuis mai 1995, avec la mise en place du projet national karité. Celui-ci concerne vingt-deux provinces du pays et vise à atteindre divers objectifs : organisation de groupements de productrices, leur alphabétisation et leur formation aux techniques de production, amélioration du niveau de vie des femmes productrices de karité et, à travers elles, de celui de leur famille.
Pour atteindre ces objectifs, le projet karité accorde des micro-crédits, offre un soutien aux groupements sous forme de conseils pour la commercialisation du beurre de karité. Avec la coopération du Canada, le pays a déjà pu ouvrir un centre de soutien à la commercialisation des produits dérivés du karité : le Comptoir burkinabé du karité (CBK).
Face à la demande croissante, de plus en plus de coopératives de femmes s'orientent vers des produits biologiques. Cela signifie que les agriculteurs alentours doivent renoncer aux traitements insecticides et pesticides qui risquent de polluer les sites de récolte. C'est un bienfait tant pour la santé des occidentaux qui utilisent le beurre de karité que pour celle des populations autochtones qui récoltent et transforment les fruits.
Conseils d'utilisation
Lorsque le beurre de karité n'est pas raffiné et ne contient aucun conservateur, il a tendance à rancir. Aussi, nous vous conseillons de le conserver dans un endroit sec et frais. Afin de ne pas le polluer, lavez-vous les mains avant de mettre vos doigts dans le pot ou, mieux, prélevez le produit avec une petite cuillère ou une spatule propres
Le beurre de karité sauvage n'a rien d'une crème onctueuse. Sa texture est déroutante pour nous, occidentaux. C'est un beurre compact, qui a l'aspect d'une cire, dont il faut prélever une noisette que vous laisserez fondre au creux de la main. Cependant, même avec cette technique, il reste difficile à étaler surtout si vous souhaitez vous en appliquer sur tout le corps.
Il est relativement facile de l'utiliser sur de petites surface de l'épiderme :
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en baume pour les lèvres,
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pour vos narines irritées par un rhume
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en masque avant shampooing pour les cheveux très secs
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en crème de nuit pour réparer une peau sèche
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comme soins anti-âge
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pour un érythème fessier chez un nourrisson, etc.
Par contre, l'appliquer comme soin réparateur corporel ou calmant après un bain de soleil est une autre histoire. Vous pouvez le rendre plus facile à étendre en réalisant une préparation artisanale qui, en outre, vous permettra d'économiser cette denrée précieuse et… onéreuse !
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Mettez dans un bol ou un ramequin une eau florale de votre choix dont vous appréciez le parfum.
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Ajoutez une noisette de beurre de karité sauvage.
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Vous pouvez incorporer une larme de miel bio qui servira de liant au mélange.
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Chauffez votre mélange au bain-marie, en le remuant, pour le faire fondre.
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Dès que le beurre de karité a fondu, retirez votre mélange du feu pour éviter toute surchauffe qui altèrerait les principes actifs contenus dans les ingrédients.
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Hors du feu, ajouter quelques gouttes d'une huile végétale de votre choix à forte teneur en vitamine E (ce qui évitera le rancissement de votre préparation), par exemple jojoba ou onagre et mélangez vigoureusement.
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Vous pouvez également ajouter une goutte de jus de pépins de pamplemousse, excellent conservateur naturel.
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Votre crème de beauté est prête.
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