Sommaire
- Qu'est-ce qu'un produit cosmétique ?
- Que contiennent les produits cosmétiques ?
- Quelles sont les principales substances à risque dans les produits cosmétiques ?
- Comment lire une étiquette ?
- Le coup de gueule d'Api Bio : trop c'est trop !
QU'EST-CE QU'UN PRODUIT COSMÉTIQUE ?
La législation s'est penchée sur la question. Voici la définition des instances de la Communauté européenne, telles que reprise dans le Code de la santé publique français :
"Un produit cosmétique est une substance ou une préparation destinée à être mise en contact avec les diverses parties superficielles du corps humain, notamment l'épiderme, les systèmes pileux et capillaire, les ongles, les lèvres et les organes génitaux externes, ou avec les dents et les muqueuses buccales, en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d'en modifier l'aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état ou de corriger les odeurs corporelles"
Dans un arrêté, le législateur fixe la liste des catégories de produits cosmétiques. Différents autres textes indiquent ce que les produits cosmétiques ne peuvent en aucun cas contenir et la liste des additifs autorisés (colorants, conservateurs, filtres UV, etc.) et à quelles conditions.
QUE CONTIENNENT LES PRODUITS COSMÉTIQUES ?
3 grandes familles de produits composent les cosmétiques :
-
Les principes ou agents actifs
-
L'excipient ou base
-
Les substances auxiliaires ou additifs :
-
Conservateurs et antioxydants
-
Agents de texture (gélifiants, moussants, etc.)
-
Colorants
-
Parfums
LES PRINCIPES ACTIFS
Ce sont eux qui confèrent leurs propriétés soignantes aux cosmétiques. Les substances hydratantes, les filtres solaires protecteurs ou les vitamines, par exemple, sont des agents actifs. Dans le meilleur des cas, les agents actifs représentent 20% du produit. Dans le pire, moins de 1% ! Et pourtant, c'est sur eux que les multinationales de la cosmétique axent toute leur publicité. C'est un peu comme dans la célèbre recette du pâté à l'alouette : pour faire un pâté d'alouette, vous prenez un cheval et une alouette…
L'EXCIPIENT OU BASE
Il va servir de véhicule aux principes actifs. Il s'agit généralement d'eau, d'huiles et de cire. Comme il est impossible de mélanger durablement de l'eau à un corps gras, qui ont des densités différentes, on ajoute des émulsifiants. Une bonne partie de nos cosmétiques se présente sous forme d'émulsion. Les laits démaquillants, les crèmes nutritives ou hydratantes, les laits corporels, les masques, les fonds de teint sont des émulsions. Elles se composent d'une phase aqueuse, souvent tout simplement de l'eau, d'une phase huileuse et de plusieurs émulsifiants pour faire tenir le tout ensemble. La protection naturelle de la peau est une émulsion : le film hydrolipidique est un mélange de sueur (eau), de sébum (corps gras) et de résidus de la couche desquamante. L'application d'une émulsion apporte une sensation de confort immédiat en fonction de sa texture et des principes actifs qu'elle véhicule : effet nourrissant sur une peau sèche en supprimant les sensations de " tiraillements ", effet rafraîchissant sur une peau grasse. L'effet à long terme d'une application quotidienne peut aider à la prévention d'une multitude de troubles cutanés (déshydratation, taches, rougeurs, rétention d'eau, etc.) ou, au contraire, entraver les fonctions naturelles de la peau jusqu'à entraîner de graves déséquilibres voire des intoxications.
L'excipient représentant la partie le plus importante d'un produit, on comprendra que les fabricants essaient d'en diminuer le coût par l'utilisation de toutes sortes de substances bon marché provenant majoritairement de l'industrie pétrolière ou chimique. Ces produits, dans le meilleur des cas, n'apportent rien aux cosmétiques et, dans le pire, sont dangereux pour l'organisme humain et pour l'environnement. Les excipients naturels (eaux florales, huiles végétales, cires animales ou végétales, etc.) contiennent des substances qui apportent un plus (vitamines, minéraux, etc.). C'est ainsi qu'on arrive facilement dans un cosmétique naturel à 20% de principe actifs contre moins de 1% dans les produits à base de composés chimiques.
LES SUBSTANCES AUXILIAIRES OU ADDITIF
Elles stabilisent, colorent et parfument les préparations cosmétiques.
Les conservateurs et les antioxydrants
Au contact de la chaleur, de l'air et de vos doigts plus ou moins propres, sans agents conservateurs, vos cosmétiques deviennent de véritables bouillons de culture. Des substances bénéfiques se font toxiques, les huiles rancissent, les crèmes se gorgent de bactéries et de virus. N'avez-vous jamais stocké vos produits dans une salle de bain surchauffée, laissé bouteilles de shampooing ou de gel douche ouvertes, abandonné votre crème solaire ou votre trousse de maquillage en plein soleil ? Là encore, les fabricants s'appuient sur une cohorte de produits chimiques destinés à éviter que vos cosmétiques ne s'abîment trop vite. Ces produits au moins inutiles à votre organisme, au pire toxique, peuvent causer de grands désagréments. Pourtant, nombre de produits naturels contiennent des substances antiseptiques et antioxydantes, mais ils sont chers et difficiles à doser.
Les agents de texture
Pour obtenir la consistance voulue, pour certains produits, on inclura des tensioactifs et des épaississants, pour les shampooings et les gels douche par exemple, ou des mélanges d'alcools gras et de cires pour les rouges à lèvres notamment.
Les substances éthoxilées (tensio-actifs), dont la fabrication et l'élimination sont extrêmement polluantes, sont très agressifs pour la peau. Le législateur les accepte dans les cosmétiques à condition qu'il s'agisse de produits à rincer (gel douche, savon, shampooing). Leur seule fonction est de former rapidement une mousse abondante et onctueuse qui donne l'illusion d'être lavé en douceur. Or ces tensio-actifs stimulent la sécrétion de sébum et le consommateur entre ainsi dans une ronde infernale. Les cheveux graissent rapidement, on fait des shampoings de plus en plus rapprochés, voire pour beaucoup tous les jours, les cheveux s'asséchant on essaie les après-shampoing puis les soins nourrissants. Pour peu que tout cela se passe sous la douche, la peau du visage agressée va tirer ou faire des boutons entraînant l'utilisation de nouveaux produits prétendument toujours plus performants...
Et comme nous voulons tout, tout de suite, que nous ne supportons pas qu'une crème laisse un film gras sur notre peau, que nous souhaitons nous habiller aussitôt notre crème corporelle appliquée, les fabriquants ajoutent à leurs produits des substances totalement chimiques dont l'unique fonction est de favoriser la pénétration rapide du cosmétique dans l'épiderme.
Les colorants
Maquillage : Se maquiller, c'est justement se colorer la peau, les paupières, les cils ou les ongles. Les produits de maquillage contiennent forcément des colorants. Là encore, la chimie vient au secours des fabricants. Pourtant les femmes africaines, asiatiques et arabes se maquillent depuis des siècles à l'aide de substances naturelles qui n'agressent pas la peau et ne les tuent pas à petit feu. Cependant, ces produits artisanaux, dont les composants sont souvent mélangés juste avant leur utilisation, sont difficiles à mettre en œuvre dans un contexte de production industrielle. C'est pourquoi, on trouve peu d'entreprises qui se sont lancées dans la fabrication de produits de maquillage naturels.
Teinture pour cheveux : Là encore, on ne peut pas se passer de colorant dans un produit destiné à modifier la couleur de ses cheveux. Mis à part les préparations à base de henné et de quelques extraits de plantes (noix, camomille, etc.), toutes les teintures et colorations que les multinationales de cosmétiques vous proposent sont à base de produits chimiques. Si les préparations à base de plantes restent généralement en surface du cheveu sans modifier sa structure ni pénétrer dans le cuir chevelu, on ne peut pas en dire autant des produits chimiques
Colorants "marketing" : Ces colorants-là n'apportent rien à l'efficacité du produit. Cependant, l'achat d'un cosmétique est guidé par le notion de plaisir. Presque tous les sens entrent en jeu. L'odorat (avec le parfum que nous allons évoquer plus bas), le toucher (d'où l'importance de la texture du produit), le goût (vous ne mettrez qu'une fois un rouge à lèvres amer…) et la vue. Vous préférerez acheter une crème blanche (couleur que vous associerez à la pureté) ou rose à une émulsion caca d'oie ! Les colorants sont également là pour renforcer dans votre esprit les qualités du principe actif du produit qu'on vous annonce à grands coups de pub. Or nous l'avons vu, celui-ci représente parfois moins d'1% de produit ! Ainsi on ajoutera un colorant vert à un gel à l'olive ou à l'aloe vera, du mauve s'il s'agit de lavande, un doré pour le miel ou un bleu clair pour des algues marines !
Autre intérêt des colorants pour les fabriquants : la création de marques et gammes avec des produits sortants tous du même tonneau afin d'atteindre des segments différents du marché ! Ainsi un gel douche fabriqué par une multinationale se retrouvera, par exemple rose dans sa version hors de prix, bleu dans un marque de grand distributeur ou vert pour un autre segment. Et pourtant, mis à part, les colorants (et les parfums dont nous allons reparler), il contiendra exactement les mêmes composants !
Les parfums
Nous venons le l'évoquer, le parfum est essentiellement un notion marketing. C'est un levier d'achat : vous aurez envie d'acheter un produit qui sent bon. C'est aussi une promesse de fidélité au produit : vous rachèterez un cosmétique dont vous avez plaisir à sentir l'odeur sur votre peau. De même que la couleur, le parfum permettra de différencier des produits identiques destinés à segments différents du marché. Enfin, et c'est le moins avouable, le parfum permettra de masquer l'odeur parfois nauséabonde de certains composants. Vous préférerez certainement que votre shampooing sente l'air iodé de l'océan, plutôt que la marée noire de l'Erica !
QUELLES SONT LES PRINCIPALES SUBSTANCES CHIMIQUES À RISQUE DANS LES COSMÉTIQUES ?
En principe, pour mériter l'appellation de cosmétiques, les composants de nos produits de beauté ne devraient pas passer la barrière du derme, sinon ils entreraient dans la catégorie des médicaments, ce qui signifie des études autrement plus conséquentes sur leurs effets potentiels. Or, des recherches ont montré que de nombreuses substances classées cosmétiques pénètrent pourtant dans l'organisme. Comme personne n'oblige les fabricants à en étudier les effets et à faire la preuve de leur innocuité, on ne sait souvent rien ou pas grand-chose des conséquences que cela peut avoir sur la santé et sur la reproduction. Pire, même lorsqu'elles ne pénètrent pas dans l'organisme, ces substances peuvent se révéler nocives pour notre peau qui, rappelons-le est notre seul rempart naturel contre les bactéries, les virus et autres polluants. On retrouve en moyenne dans le corps d'un occidental 200 substances chimiques qui n'ont rien à y faire…Voici quelques unes de ces substances chimiques que vous trouvez fréquemment dans les cosmétiques :
1. LES EXCIPENTS
Les huiles minérales :
Les paraffines dérivées du pétrole sont très avantageuses pour l'industrie cosmétique. Elles sont à la fois simples à travailler et bon marché. Par contre ces huiles artificielles empêchent la peau de respirer. Composées de chaînes d'hydrocarbures, elle ne peuvent pas être métabolisées par notre corps. Les recherches médicales ont montré que les huiles minérales peuvent être stockées dans l'organisme et endommager le foie, ou entraîner une inflammation des valvules du cœur.
Les huiles et cires de silicone:
Ces substances entièrement synthétiques, dérivées du silicium et contenant des atomes d'oxygène, sont employées dans une multitude de produits. La Dimethicone est l'une des matières premières les plus utilisées pour les formules de protection de la peau, de soins capillaires et de rouges à lèvres. On trouve aussi la Cetyl dimethicone copolyol, la Phenyl trimethicone, la Stearyl dimethicone. Les huiles de silicone sont douces et s'étalent bien sur la peau, encore faut il qu'elles soient de bonne qualité. Elles sont de loin préférables aux huiles minérales, mais elles ont un grave inconvénient, elles sont très peu biodégradables et nocives pour l'environnement et donc indirectement pour notre santé. Par ailleurs, dans les shampooings, elles auraient tendance à étouffer le cuir chevelu.
2. LES CONSERVATEURS
Les parabens :
Les esters de l'acide para-hydroxybenzoïque (esters de méthyle, éthyle, propyle, butyle ou benzyle) ou parabens, sont utilisés comme conservateurs dans des aliments, des produits cosmétiques et dans plus de mille spécialités pharmaceutiques. Les parabens présentent une très faible toxicité générale et sont bien tolérés (des allergies peuvent tout de même survenir : urticaire, dermatite). Plusieurs études réalisées in vitro et in vivo ont montré que les parabens exerçaient une activité œstrogénique faible. Une étude récente suggère l'accumulation des parabens dans le tissu mammaire cancéreux.
Le triclosan est un produit chloré hautement réactif. Bactéricide, il peut empêcher le bon fonctionnement du foie. Il est souvent souillé par la dioxine, très dangereuse, même en quantité infime.
Les polyéthylenglycols (PEG) s'obtiennent à partir de gaz de combat dont les manipulations sont extrêmement dangereuses. Ils augmenteraient le phénomène de boutons et points noirs.
BHT et BHA : ces antioxydants ont, à haute dose, des effets cancérigènes sur l'estomac. Ils sont du reste interdits dans les produits alimentaires.
Composés organo-halogénés : L'halogénation consiste à introduire dans les molécules du chlore, du brome ou de l'iode. Ces produits ont un potentiel allergène et sont hautement réactifs. S'ils se fixent dans les tissus, ils peuvent s'y décomposer et les endommager.
Les formaldéhydes sont cancérigènes, leur taux ne doit pas dépasser 0,2% pour la conservation, 0,1% dans les produits de soins buccaux et 5% dans les durcisseurs d'ongles.
Les EDTA et Etidronic acid : ont la propriété de se fixer dans les tissus et sont donc critiques du point de vue toxicologiques.
3. LES COLORANTS ET LES PARFUMS
Composés musqués : ces substances odorantes artificielles très stables se fixent dans les tissus. Sont potentiellement cancérigènes.
Colorants cosmétiques et colorants pour cheveux : des chercheurs américains ont constatés que l'utilisation de colorants pour les cheveux multipliait par cinq le risque de cancer du sein.
Amines aromatiques : ces substances de base des colorants d'oxydation sont toxiques et peuvent être absorbées par la peau.
Colorants azoïques : à base de goudron synthétique, ils sont particulièrement critiques sur le plan toxicologique.
4. DIVERS
Les Sodium-laureth-sulfate ou sodium-lauryl-sulfate (SLS) : ces tensio-actifs agressifs pour les muqueuses sont responsables d'irritations et d'allergiques au niveau de la peau et des yeux notamment.
Les monoéthanolamine , diéthanolamine et triéthanolamine (MEA , DEA et TEA) : ces tensio-actifs pouvent déclencher l'apparition de nitrosamines (substances cancérigènes)
Les sels d'aluminium sont employés dans les déodorants. Peuvent provoquer des réactions inflammatoires. Les glandes sudoripares peuvent être endommagées par une utilisation répétée. Les recherches en cours en font un ingrédient polémique car ils pourraient se fixer dans certaines organes dont le cerveau.
Les quats et polyquats (INCI : Quaternium plus un chiffre) sont employés comme antistatique. Les plus couramment utilisés sont le CTAC (Cetyl trimethyl ammonium chlorure) et le DSDMAC (Quaternium 5). Ils sont biodégradables mais ont léger effet irritant sur la peau.
Les esters de quats sont des produits naturels et doux pour le soin des cheveux, mais ils ont un effet irritant et mauvaise dégradabilité.
Cette liste n'est qu'indicative. Régulièrement des produits sont retirés du marché et d'autres y font leur apparition.
A RETENIR:
Les autorités sanitaires suspectent certains additifs de synthèse contenus dans les cosmétiques de provoquer :
-
allergies,
-
cancers,
-
la stérilité, notamment masculine,
-
malformations congénitales, retards de croissance,
-
troubles du système immunitaire,
-
pollution des eaux sur toute la planète.
Greenpeace publie depuis quelques temps le guide Cosmetox qui répertorie, marque par marque, les ingrédients contenus dans nos cosmétiques. Pour en prendre connaissance cliquer ici
Vous pouvez également consulter la liste proposée par le site dédiée au test des cosmétiques en vente sur le marché francophone, Beauté-test.com, en cliquant ici
Un espoir : REACH
Après six ans d'âpres négociations et près d'un millier d'amendements déposés, la réglementation REACH (Registration, Evaluation and Authorisation of Chemicals, soit en français "Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques") a été adoptée par le Parlement européen le 13 décembre 2006.
Depuis la Seconde Guerre mondiale, plus de 100'000 substances chimiques ont été commercialisées, la plupart du temps sans qu'aucun test sur la santé humaine n'ait été réalisé. Le projet initial visait à les mettre toutes sous contrôle. Dans le texte adopté il n'en reste plus que 30'000…
Jusqu'à présent, lorsque les autorités sanitaires suspectaient un produit de nuire à la santé, pour pouvoir en réglementer la commercialisation et l'utilisation, voire pour l'interdire, c'est l'Etat qui devait prouver sa nocivité. La grande nouveauté de REACH, c'est que, maintenant, les industriels devront démontrer que quelque 30 000 substances chimiques couramment utilisées sont sûres pour notre santé. C'est une agence chimique basée à Helsinki qui sera chargée de cette mission.
Un des objectifs de REACH était de s'assurer que les substances chimiques extrêmement préoccupantes soient remplacées par des alternatives et plus sûres. Mais cet objectif a été mis en péril par le lobbying intense de l'industrie chimique. Au fil des consultations et des amendements, le projet de loi a perdu de ses ambitions. Le texte adopté ne comporte plus l'obligation de substitution des produits dangereux. On ne parle plus que d'encourager, par une réglementation plus contraignante pour les industriels, le développement de produits alternatifs, moins nocifs pour la santé…
Quelques liens pour plus d'informations sur REACH :
Un faux-espoir : la prise de conscience des producteurs
Il ne faut rien attendre des industriels de la pétrochimie et de la cosmétique. La protection de votre santé, la préservation de la planète ou le commerce équitable avec les pays du sud ne sont pas leurs préoccupations premières. Leur objectif principal est de générer des bénéfices pour leurs actionnaires ! Si cette prise de conscience existait, le législateur n'aurait pas à les contraindre à coup de lois et règlements à renoncer aux produits trop dangereux, à respecter les droits de leurs salariés et à adopter des modes de production moins polluants. Par contre, ils sont sensibles à la demande des consommateurs.
On pourrait aussi espérer que la rareté annoncée de certaines matières premières et l'augmentation constante du prix des produits pétroliers les obligeront à changer leur fusil d'épaule. Cependant, il ne faut pas trop se faire d'illusions. Dans l'industrie cosmétique, les frais principaux ne sont pas liés aux matières premières ou à la production, mais au marketing. Le coût du produit (matières premières + outils de production + salaires) doit absolument être le plus bas possible afin de permette au marketing d'en assurer la promotion. Aussi, les producteurs rechercheront toujours à utiliser l'excipient le meilleur marché possible. Si les produits pétroliers deviennent trop onéreux, ils se tourneront vers d'autres sources.
Nos poubelles pourraient leur offrir l'occasion de comprimer leurs coûts. En utilisant des matières issues de recyclage de nos déchets, les producteurs feront d'une pierre deux coups. Ils pourront communiquer sur le mode écologique auquel le consommateur est de plus en plus sensible et trouveront à bon compte des produits de substitution. Vos crèmes de beauté pourraient bien dans un proche avenir contenir des résidus de matières plastiques, de pneus ou d'huiles de fritures usagées en provenance de la restauration rapide !
Non, le changement ne viendra pas des producteurs de l'industrie cosmétique, mais du consommateur qui refusera d'acheter les produits toxiques. Mais comment peut-il reconnaître un produit répondant à ses exigences ? En lisant les étiquettes. Seulement, même si le législateur impose des règles, vous allez voir que tout est fait pour lui rendre cette tâche très difficile…
COMMENT LIRE UNE ETIQUETTE ?
Pour savoir ce que contiennent nos cosmétiques, il suffit de lire les informations inscrites sur leur emballage. Oui, mais encore faut-il réussir à les décrypter ! Voyez plutôt…
La législation européenne fixe les indications que doivent comporter le récipient et l'emballage d'un produit cosmétique.
- Le nom ou la raison sociale et l'adresse du fabricant ou du responsable de la mise sur le marché.
- La fonction du produit, sauf si cela ressort de la présentation du produit.
- Le contenu nominal au moment du conditionnement, indiqué en masse ou en volume.
- La date de durabilité minimale.
Celle-ci est définie comme la date jusqu'à laquelle un produit, conservé dans des conditions appropriées, continue à remplir sa fonction initiale.
Ne vous réjouissez pas trop tôt, nous sommes loin, très loin, de la date limite de consommation obligatoire pour les produits alimentaires frais ! En effet, pour les produits cosmétiques dont la durabilité minimale excède trente mois, l'indication de la date de durabilité n'est pas obligatoire. L'inscription de la date de durabilité (ou "date de péremption avant ouverture") sur l'étiquetage d'un produit cosmétique n'est obligatoire que lorsque la durabilité est inférieure à 30 mois. S'il n'y a pas de date indiquée sur le produit, cela veut dire qu'il se conserve plus de 30 mois. Dans ce cas, il existe une période de conservation après ouverture annoncée par le symbole d'un pot ouvert.
- Les précautions particulières d'emploi.
- Le numéro de lot de fabrication ou la référence permettant l'identification de la fabrication.
- La liste des ingrédients dans l'ordre décroissant de leur importance pondérale au moment de leur incorporation, précédée du mot "ingrédients", selon la nomenclature commune des ingrédients établie par les instances compétentes de la Commission européenne (dits "noms INCI").
Pour consulter le texte complet de la législation européenne sur les cosmétiques, cliquez ici.
Le code INCI
INCI est l'abréviation de International Nomenclature of Cosmetic Ingredients (Nomenclature Internationale des Ingrédients Cosmétiques). Cette nomenclature a été publiée en 1973 par la Cosmetic, Toiletry and Fragrance Association (CTFA), association américaine regroupant des fabricants de cosmétiques. En Europe, son utilisation est obligatoire pour les cosmétiques seulement depuis 1998 : tous les cosmétiques doivent comprendre sur leur emballage la liste complète de leurs ingrédients dans l'ordre décroissant de leur quantité sous la dénomination INCI.
L'indication de tous ingrédients permet de savoir ce que contiennent vraiment les cosmétiques et de repérer les composés qui peuvent poser problème. Cette indication est identique dans tous les pays qui utilisent le système INCI : États-Unis, Europe, Japon.
Malheureusement, on ne connaît ni la quantité exacte des ingrédients, ni leur origine ni leur mode de fabrication. Pire, un fabricant peut demander à ne pas indiquer un ingrédient s'il a peur d'être copié par ses concurrents.
Le langage INCI est pratiquement incompréhensible pour les consommateurs, notamment pour les francophones. En effet, la nomenclature est écrite en deux langues :
-
les extraits de plantes sont indiqués en latin. Par exemple, on emploie Simmondsia Chinensis, nom botanique du jojoba, pour parler de l'huile de jojoba !
-
les noms de molécules et les noms usuels sont indiqués en anglais.
-
Les ingrédients parfumés sont regroupés sous le nom "parfum" ou en anglais "fragnance", sans les détailler.
-
Les colorants sont désignés par un "color index", qui s'écrit CI puis un nombre à 5 chiffres. Le code CI 75470 par exemple correspond au carmin obtenu à partir de la cochenille.
Un étiquetage lacunaire
Vous l'aurez compris, l'étiquetage des produits cosmétiques NE VOUS PERMET PAS de connaître :
-
la date de fabrication du cosmétique
-
la durée de conservation du produit emballage fermé (sauf lorsqu'elle est inférieure à 30 mois)
-
le pourcentage des différents composants
-
le pourcentage des principes actifs par rapport à l'excipient et aux additifs
-
l'origine des composants (végétaux, animaux, minéraux, ou encore naturel ou de synthèse).
Par ailleurs, les indications obligatoires sont souvent écrites en si petits caractères qu'il vous faudrait faire vos courses avec une loupe dans votre poche pour avoir une chance de pouvoir lire les lire avant d'acheter un produit !
Le coup de gueule d'Api Bio : TROP, C'EST TROP !
Mais que fait le législateur ? Régulièrement les médecins tirent la sonnette d'alarme, suspectant tel ou tel produit chimique de provoquer des dégâts irréversibles dans l'organisme humain. Suspecter… C'est bien là le problème ! Il ne suffit pas de suspecter, il faut prouver scientifiquement la nocivité d'un composant, ce qui demande un grand nombre d'études pouvant prendre des années.
Vous vous dites que le fameux principe de précaution devrait prévaloir. Mais il prévaut ! Il n'est qu'à lire le nombre impressionnant d'arrêtés que prennent les autorités compétentes pour voir que le législateur ne reste pas les bras croisés. Certains produits sont carrément interdits. L'utilisation d'autres, limitée. Notre corps dispose d'un système d'auto-nettoyage qui lui permet d'éliminer les substances indésirables. A petites doses un produit chimique ne devrait pas poser de gros problèmes. C'est pourquoi les autorités sanitaires fixent des seuils limites autorisés. Seulement, ils sont calculés produit par produit. Or, des substances chimiques, il y en a PARTOUT et pas seulement dans vos cosmétiques ! Dans les aliments industrialisés, dans les fruits et légumes cultivés avec pesticides et engrais chimiques, dans les produits d'entretien de votre maison, dans les lessives, dans les peintures et vernis, dans l'isolation de vos logements, dans vos médicaments… Envahi de substances nocives, notre organisme n'arrive plus à gérer leur élimination. Notre foie, nos reins, nos ganglions deviennent fous… 
Il est cependant manichéen et dangereux de nier, comme certains le font, les progrès pour la santé que l'introduction de certaines substances chimiques ont généré pour l'humanité toute entière. Prenez le cas des parabens. A faibles doses, ces conservateurs sont inoffensifs. Sans eux, pas de campagne de vaccination possible dans les pays du Sud, par exemple. Simplement, leur but premier a été détourné par les industriels de l'agro-alimentaire et de la cosmétique pour pouvoir laisser plus longtemps en rayon des produits sans qu'ils se gâtent…
Non, les autorités sanitaires et politiques ne restent pas les bras croisés. Mais entre le moment où les spécialistes constatent des cas d'allergie, de cancer, de stérilité ou d'atteintes cérébrales, celui où ils isolent la substance suspecte et celui où ils prouvent qu'elle est bien responsable des troubles constatés, il s'écoule des mois, voire des années. Les fabricants ont largement le temps de préparer la parade. Au moment où les autorités sanitaires interviennent, ils ont déjà un produit de substitution, peut-être tout aussi dangereux voire davantage, mais encore faudra-t-il le prouver… Même si la réglementation REACH tente de remédier à cet état de fait, on peut compter sur les industriels pour tenter de contourner cet obstacle par tous les moyens possibles et inimaginables. Par ailleurs, le législateur est assis le cul entre deux chaises. Santé publique d'un côté, intérêts économiques de l'autre. L'agro-alimentaire, les produits d'entretien et les cosmétiques sont aux mains de multinationales qui représentent des millions d'emplois. Ces structures tentaculaires se moquent des frontières. Interdisez un produit ici, elles iront le vendre ailleurs ! Légiférez ? Elles mettront dans la balance les répercutions économiques dramatiques pour nos concitoyens….
Chez Api Bio, nous estimons que les produits de synthèse sont utiles à la santé publique mais que leur utilisation devraient être réservée à des cas bien particuliers. On ne devrait en aucun cas trouver de substances potentiellement dangereuses dans nos produits de beauté.
Vous voulez en savoir plus sur les cosmétiques à base de produits naturels ?
- Vous souhaitez une information complémentaire ?
- Vous avez constaté qu'un lien ne fonctionne pas ?
- Vous voulez préciser ou corriger une information de cette page ?
|